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guillaume collombet - Petit Bivouac - 1

Guillaume Collombet, le passeur de rêves

Photographe, cinéaste animalier, écrivain et amoureux du vivant, Guillaume Collombet rejoint l’aventure Petit Bivouac en tant qu’ambassadeur. Une rencontre qui sonne comme une évidence, tant nous partageons une même fascination pour le monde sauvage, le respect de ceux qui l’habitent et cette conviction profonde : la nature n’est pas un décor, mais un monde auquel nous appartenons.

Qu’est-ce qui t’a conduit vers la nature ?

La réponse est plutôt simple : j’ai eu la précieuse chance de ne pas m’en éloigner ! Issu de générations de montagnards, c’est tout naturellement que mes premiers pas m’ont guidé à la découverte de la vie secrète des cimes. Une rencontre, enfant, à quelques mètres de l’un des tout premiers gypaètes barbus de retour dans les Alpes a fait décoller cette passion.

Quelle observation t’a le plus marqué ?

Difficile de choisir ! Avec le temps passé dehors, je perçois le monde de façon plutôt « circulaire » : chaque être possède un rôle, une valeur, et cette organisation n’est pas « pyramidale », contrairement à celle sur laquelle se construit notre société actuelle. Alors, simplement, le spectaculaire ne m’intéresse pas. Avoir une mésange qui se pose sur sa main est aussi fort que croiser le regard d’un ours.

Mais s’il faut vraiment choisir, peut-être une expérience assez drôle : je me suis retrouvé les fesses dans la neige avec un loup. Dans le virage d’un sentier, on s’est rentré dedans avec la femelle installée derrière mon chalet et on est tous les deux tombés, autant physiquement que de surprise ! Nos regards entourés de neige semblaient rigoler : quelle allure pour les deux présumés plus grands prédateurs du vallon !

Que t’apporte le fait de passer du temps dehors ?

Une profonde paix intérieure. Être dehors, cela permet de réaligner nos pendules : remettre de l’ordre dans les vraies priorités, enlever le superflu et trouver du sens dans les choses à accomplir.

Quand on s’assoit à côté de soi-même, ou avec soi-même et un grand tout, on peut voir le monde d’un regard différent. Dehors, on apprend simplement à vivre dans le présent, avec de petites doses de sagesse et de modestie.

Que rêves-tu de photographier ou d’observer ?

J’aime me laisser porter par chaque projet et l’explorer en profondeur, en suivant une sorte de boussole intérieure. Alors, plus qu’une espèce en particulier, ce qui me fait rêver, ce sont les rencontres où je suis accepté : passer du temps dans un lieu, choisir de se montrer, puis attendre. Si un animal se présente, il vient de lui-même. On ne va pas le chercher pour ne pas le déranger.

Quand on est toléré, on ressent une unicité profonde : on peut encore avoir une place au milieu de tout ça, sans être perçu comme l’intrus extérieur, détaché.

J’ai passé du temps, par exemple, avec une renarde en forêt, et j’ai fini par la retrouver régulièrement, simplement pour faire des parties de cache-cache et des siestes avec elle ! Elle était libre de disparaître dans les bois en un clin d’œil, mais elle choisissait de rester. Et ça, ça touche le cœur !

Pour l’instant, je ne prends plus l’avion, mais si je laisse dériver mon imagination jusque dans les immensités sauvages lointaines, pourquoi ne pas rêver du mouflon de Marco Polo, l’argali, ou du markhor qui défie le vide ?

Ou, plus localement, j’ai vu une fois une mésange qui buvait en plein vol : elle attrapait les gouttes d’eau qui tombaient des stalactites du toit du chalet. En contre-jour, avec des scintillements qui se reflètent dans la glace et les ailes transparentes, ce serait beau !

Quelle est la plus grande leçon que la nature t’a apprise ?

Il suffit de s’asseoir sur un rocher pour comprendre qu’il sera encore là quand on partira. Alors, à quoi bon se battre pour savoir à qui il appartient ? Pourquoi mener des guerres ou vouloir posséder le plus de choses possible ?

Cela perd son sens quand on réalise que c’est nous qui appartenons à ce qui nous entoure, et non l’inverse. Même si c’est bien connu, c’est important de se le rappeler.

Ne pas prendre soin de notre environnement, c’est ne pas prendre soin de l’humain. Nous sommes dépendants du vivant pour chaque respiration, chaque gorgée d’eau, chaque bouchée de nourriture venant de la terre, et nous l’oublions.

La grande leçon, c’est qu’on fait partie d’un grand tout, dont nous sommes indissociables. L’autre belle leçon, c’est qu’il suffit de remettre du respect dans chaque petite chose, et la diversité de la vie revient au galop.

Parle-nous de ton travail.

Aujourd’hui, je suis réalisateur, photographe, écrivain (avec l’écriture d’un livre en cours), mais avant tout, j’essaie d’être un passeur de rêves.

Les images et les mots ne sont que des moyens, des outils pour partager ce que la nature peut nous enseigner. Une approche plutôt originale m’anime : elle est plus spirituelle, avec l’idée de remettre du respect et une forme de sacré dans tout ce qui est vivant.

J’aime jouer sur cet équilibre entre les connaissances scientifiques actuelles et les approches inspirées des peuples premiers, plutôt énergétiques et sensibles. Mais seul le temps passé dehors est le véritable enseignement !

J’aime transmettre à travers des projections auprès du grand public, des animations dans les écoles, des immersions en pleine nature. J’interviens également comme formateur à l’Institut francophone de formation au cinéma animalier (IFFCAM), d’où sortent les futurs réalisateurs et réalisatrices.

Mes livres

NEIGE, touches de vie à travers l’hiver, mon premier livre.
Un prochain ouvrage autour de la spiritualité animale, actuellement en préparation.

Mes films

LE LIÈVRE BLANC, histoire de photographe animalier : un premier long métrage sur la quête de l’invisible.

IBEX, dans les pas du bouquetin : une redécouverte de cette espèce au-dessus du vide. Un film diffusé à la télévision dans plus de dix pays.

HORS-PISTE, sensible & sauvage : un film pour améliorer nos pratiques de la montagne dans le respect de la faune. Il est désormais inclus dans la formation des accompagnateurs en montagne et dans des stages d’alpinisme. Il sert également de support aux actions de sensibilisation menées par les gardes des réserves naturelles et des parcs nationaux.

Quel est ton prochain projet ?

LE SOUFFLE DES MÉSANGES, songes d’une cabane au fond des bois.

Voir le trailer

Un an de vie simple dans un vallon des Alpes, pour retrouver une place parmi le vivant.

Qui va se dévoiler et nous accepter ? Comment peut-on accompagner la résilience d’un lieu ? Est-il possible de changer notre perception du monde pour retrouver une place durable ?

Les pensées et le vécu dans la cabane nous guideront vers cet état d’éveil.

Photographe, réalisateur et écrivain : http://guillaumecollombet

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