Idées & Conseils

Comment trouver enfin des champignons dans la forêt

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Vous faites partie de ceux qui adorent l’idée de se nourrir avec ce que la nature sauvage nous offre de meilleur. Mais vous êtes plus doué(e) pour repérer les chanterelles chez Grand Frais que dans la forêt. C’était mon cas avant que je ne rencontre Fred, pur produit des forêts sauvages du Haut Doubs, élevé au plus près de la nature. Au fil des balades, en l’observant, j’ai compris pourquoi je ne trouvais jamais de champignons dans les bois. Voici donc le résultat de dix-sept années d’observation sur le terrain… Puissent ces quelques conseils vous aider à remplir, vous aussi, vos paniers.

Pour commencer, il vous faut un coin de nature et de préférence une forêt, si vous voulez trouver des champignons des bois. Mais il vous faut également un petit équipement de base :
– Des chaussures de marche
– Un pantalon solide de rando
– Un sac à dos dans lequel vous mettrez…
– Votre téléphone
– Une veste coupe vent
– Un couteau à champignons
– Un guide des champignons
– Un petit truc à manger
– Une gourde
En option, vous pouvez prendre aussi…
– Une boussole
– Une carte IGN de l’endroit où vous allez
– Et pourquoi pas laisser dans le sac une couverture de survie… Ça ne prend pas de place et ça peut toujours être utile. Oui, oui, ça peut sembler un peu too much, mais je me suis déjà perdue en cherchant des champignons dans une forêt de montagne que je croyais connaitre un peu. Je n’ai pas gardé un très bon souvenir de ce moment où je m’étais presque résolue à passer la nuit assise contre un tronc sous la pluie. Suite à cette mésaventure, j’ai appris par un gendarme du PGHM qu’une grande partie de leurs interventions en automne consiste en effet à aller récupérer des cueilleurs de champignons égarés dans la montagne… alors une couverture de survie, ça peut toujours servir.

Le matériel du parfait petit cueilleur de champignons

« Aujourd’hui, je me suis perdue dans la forêt pendant presque deux heures, avec Malou et mes champignons. Je me cassais la figure tous les dix mètres tellement j’étais fatiguée d’avoir couru 9,5 km avec Olivia ce matin. Je venais de quitter Fred qui pistait un énorme cerf. Je n’ai pas suivi ses consignes pour retrouver le chemin et suis descendue trop bas dans la pente. J’ai longé le torrent un moment et tourné en rond au milieu des fougères et des arbres sans retrouver le sentier. Au début peu inquiète, j’ai commencé à angoisser en voyant la lumière baisser à mesure que l’heure avançait. Sans réseau téléphonique, je m’étais préparée à l’idée que j’allais passer la nuit au pied d’un arbre, sous la pluie. Et puis finalement, j’ai refuse d’abandonné. Je suis revenue sur mes pas en remontant le torrent jusqu’à voir apparaître mon salut entre deux troncs, sous la forme d’un petit bout coloré de clôture électrique d’un parc à moutons. Il faisait presque nuit noire. Fred se moque maintenant, il dit qu’avec un peu de chance, j’ai été filmée par l’un des pièges photographiques de Lionel. N’empêche qu’il a bien flippé lui aussi. Je suis heureuse de dormir dans mon lit ce soir. »

Vis ma vie de cueilleuse de champignons étourdie – Facebook – le 1er octobre 2016

Côté équipement, n’oubliez pas de prendre un panier, une besace, un sac filet ou autre pour contenir les champignons. C’est bête, mais si vous partez sans, en toute logique, vous reviendrez sans champignons aussi… Le mieux est de s’assurer que les champignons ne s’écrasent pas les uns sur les autres. Opter pour un panier est surtout valable si votre terrain de cueillette est peu pentu et suffisamment aéré pour que vous puissiez circuler aisément entre les arbres.

Pour nous qui cueillons les champignons à quatre pattes dans les forêts de montagne, denses et accidentées, un panier n’est pas ce qu’il y a de plus pratique à transporter. Alors, pour ceux qui se vont se retrouver dans des endroits similaires (et qui, comme moi, sont parfois sujets à quelques faux pas suivis de roulés-boulés dans la mousse), j’ai une solution. Prenez un sac en filet qui se ferme. Cela vous évitera ensuite quelques minutes à ramasser votre récolte éparpillée. Il m’est même déjà arrivé de laisser échapper des magnifiques bolets qui ont dévalé la pente à 45 degrés au sommet de laquelle je venais d’arriver. Donc un sac qui ferme… c’est toujours une bonne idée.

Sur le terrain, par où commencer ?

Sortez des chemins balisés et enfoncez vous dans la forêt lointaine, celle où on entend le coucou qui répond au hibou. En effet, sachez-le, on ne trouve pas de champignons des bois le long des allées comme au supermarché. Sinon, ce serait trop facile. Vous allez devoir quitter le sentier pour explorer le sous-bois. Vous aurez plus de chances d’en trouver dans des endroits où les gens ne vont pas ou peu.

Repérez les vieux troncs couchés, les souches, la mousse, les cours d’eau, les gouilles (petites mares)… ça c’est facile à trouver. Avant, je ne savais pas où chercher. Je regardais le sol un peu partout au hasard. En fait, sous les vieux troncs couchés, et plus particulièrement aux endroits où il sont en contact avec la terre, au creux des souches ou dans la mousse… on trouve souvent des champignons.

Apprenez à identifier les arbres car les champignons leur sont étroitement liés. Vous saurez ainsi distinguer les champignons qui ne poussent que sous les feuillus, ceux qui poussent uniquement sous les conifères et ceux qui poussent indifféremment sous les deux types d’arbres. Par exemple, les cèpes et bolets poussent sous les châtaigniers, les hêtres, les chênes, mais aussi les pins, les épicéas, les mélèzes… Les chanterelles et trompettes des morts poussent sous les feuillus et les conifères mais les pied-de-moutons préfèrent les hêtres…

Pour vous aider à apprendre à reconnaitre les arbres, téléchargez et imprimez la clé d’identification des feuillus et résineux créée par l’ONF ci-dessous. Vous pourrez ainsi l’emporter avec vous en forêt.

Enfin, je trouve plus facile de déterminer à l’avance quels champignons vous allez chercher. Personnellement, j’ai tellement de mal à les repérer que je suis presque obligée de me concentrer sur un seul type de champignon. Lorsque Fred en trouve, je lui demande de me les montrer avant de les ramasser. Je mémorise ainsi leur couleur et leur forme au sol depuis ma hauteur. Ensuite, c’est un peu comme un jeu, mais pas vraiment d’enfant. Avancez en gardant les yeux rivés au sol. Vérifiez quand même régulièrement que vous savez où vous vous trouvez et consultez votre montre afin de ne pas vous perdre.

Attention, dans la forêt il y a pas mal de chances pour que vous ne trouviez pas de réseau téléphonique, alors pour trouver facilement le chemin du retour, référez vous soit à des repères visuels que vous avez pris depuis le moment où vous avez quitté le sentier, soit à votre carte IGN en observant le relief et les cours d’eau. Sinon, comme moi, n’y allez pas seul(e) et restez à portée de voix de votre accompagnateur.

Entre nous : Mon accompagnateur à moi se fiche pas mal de rester à portée de ma voix et quand j’ai le nez collé au sol pour trouver des champignons, j’en oublie assez facilement quelle direction je prends et le temps qui passe… Il est donc fréquent que je me retrouve seule en plein coeur de la forêt à parler avec moi-même. Du coup, maintenant, j’attends patiemment qu’il réapparaisse. Ça prend parfois un peu de temps, mais jusqu’à présent, il est toujours revenu me chercher. Enfin, s’il lit ces lignes, il sait maintenant comment se débarrasser de moi, si je le soule trop… 😬 Donc si vous partez avec quelqu’un, mettez vous d’accord avant de vous séparer sur l’attitude à adopter dans le cas où vous vous perdriez de vue.

Quels champignons ramasser pour débuter ?

Nous ramassons essentiellement les morilles au printemps, les girolles, les cèpes et bolets en été, les chanterelles en tube, chanterelles jaunes, chanterelles cendrées, trompettes des morts, coprins chevelus, pied-de-moutons et Polypore des brebis qu’on appelle aussi Pied-de-chèvres en fin d’été et automne. Cette année, on a aussi ramassé quelques jolies coulemelles.

Pour moi, les meilleurs champignons mais aussi les plus faciles à trouver et à identifier au sol sont les Pied-de-moutons qui ressemblent à des gros pop corn couleur crème. Mais aussi les chanterelles en tube et les chanterelles jaunes qui poussent en grappes sur des secteurs délimités qu’on appelle des taches. Du coup, quand on en trouve un, on en trouve plein autour. En été, les girolles sont facilement repérables grace à leur couleur jaune très vive et les bolets grace à leur forme spécifique.

Mais il faut tout d’abord trouver le bon coin et soyez sûrs que malgré ce que vous pouviez penser, celui-ci ne se trouve pas sur Internet. Des coins à champignons, il n’y en n’a pas partout mais ils sont forcément dehors… La bonne nouvelle est qu’une fois que vous en avez trouvé un, vous pourrez y retourner chaque année pour faire votre cueillette.

Les girolles

Quand : de mai à octobre après les pluies orageuses d’été et des températures assez élevées. Attendez une dizaine de jours environ après une grosse pluie d’été.

Où : en sous bois sous les feuillus (bouleaux, chênes, hêtres, etc.) et les résineux. Plutôt sur sol humide où pousse la mousse de bois.

Sachez qu’une fois que vous en avez trouvé, vous en retrouverez tous les ans au même endroit. Et ça c’est chouette. Sachez aussi qu’elle ne pousse jamais seule, donc si vous en trouvez une, il y a forcément ses copines autour. Victimes de leur succès, les girolles sont toutefois de moins en moins abondantes. Pour préserver ce champignon, il faut en laisser un peu sur place et ne pas piller le spot. J’ai également lu qu’en coupant les spécimens les plus vieux et en enterrant les morceaux à différents endroits sur le lieu où on les a trouvé, cela permettrait au champignon de mieux repousser l’année suivante. Ça vaut le coup d’essayer.

Les cèpes et les bolets

Quand : de juin à novembre

Où : un peu partout, en sous bois, dans les endroits secs comme humides. Certains bolets poussent dans les champs.

Il en existe de nombreuses sortes alors méfiez vous et soyez sûr de l’identifier à l’aide d’un guide sur les champignons avant de le consommer. Certains ne sont, en effet, pas comestibles. Attention, même s’il n’en n’a pas l’air, il est souvent véreux (remplis de minuscules vers). Pour faire sortir ces indésirables, il suffit de mettre les champignons dans un saladier et de couvrir celui-ci de film alimentaire. Les bestioles vont toutes venir vous faire un petit coucou quand elles manqueront d’air.

Les pied-de-moutons et pied-de-chèvres

Quand : de fin août à décembre

Où : un peu partout, sous les feuillus et conifères, dans les endroits secs comme humides.

Pour moi, ce sont les plus faciles à trouver. Ils ressemblent à des gros pop corn couleur crème et peuvent mesurer jusqu’à 8 cm environ. Ces champignons poussent rarement seuls. Ils se rassemblent parfois au point de se souder entre eux. On les identifie de façon certaine en les retournant. En dessous, le chapeau est couvert d’aiguillons et non de lamelles. C’est un très bon champignon. Les pied-de-chèvres sont identiques avec les mêmes aiguillons mais parfaitement blancs et un peu moins bons. Coupez les avec un couteau pour laisser leur pied enraciné et recouvrez le pied coupé avec de la terre.

Les coulemelles

Quand : de fin août à fin octobre

Où : en lisière, dans l’herbe des éclaircies forestières, mais aussi dans les prés peu entretenus, parmi les fougères et parfois au bord des chemins.

Les coulemelles ou lépiotes élevées, peuvent atteindre jusqu’à 40cm de hauteur. En s’ouvrant, le chapeau prend une forme de parasol et peut avoir un diamètre de 30cm. Ce champignon possède un anneau caractéristique qui coulisse sur le pied comme une bague sur un doigt. C’est ainsi que vous l’identifierez de façon sûre car l’amanite qui lui ressemble le plus et n’est pas comestible a un anneau qui ne coulisse pas. Ne prélevez que les jeunes, et ne consommez pas le pied qui n’est pas terrible gustativement parlant.

Les chanterelles et trompettes des morts

Quand : de septembre à décembre

Où : dans les sous bois, le long des troncs d’arbres morts depuis longtemps, au creux des vieilles souches, dans la mousse… dans les coins à pied-de-moutons.

Ce sont de très bons champignons assez difficiles à repérer au sol mais qui ne poussent jamais seuls. Du coup, quand vous en trouvez en général, il y en a plein autour et parfois vous remplissez vite le panier. Ils poussent en grappes sur un secteur délimité, parfois tout le long d’une ligne par exemple. Les chanterelles jaunes sont plus facile à repérer grace à leurs pieds fins et jaunes vif. Je les trouve plus facilement sous les vieux troncs morts couchés et dans les souches ou dans la mousse, à proximité d’un ruisseau. Mais elles sont parfois cachées aussi dans les éclaircies forestières sous les hautes herbes.

Pour les prélever, vous pouvez les cueillir en pinçant leur base. Les trompettes des morts sont très noires (plus foncées que les chanterelles cendrées qui sont sur les photos), tandis que les chanterelles jaunes ont un pied très jaune et plus ou moins large. Quelles soient en tubes, jaunes, cendrées ou trompettes des morts, pour les identifier, vérifiez que le tube est creux et qu’il y a des plis, et non des lamelles, sous le chapeau.

Une fois que vous avez repéré un coin à champignons, notez les coordonnées GPS dans un carnet avec le type de champignons que vous avez trouvé et la date. Nous avons un ami qui a récupéré le précieux carnet de sa grande tante qui répertoriait tous les coins à girolles de sa région. Ça aide ! Et quel beau cadeau à transmettre ! 😋

Attention, si vous avez le moindre doute sur leur comestibilité, abstenez vous de consommer les champignons.

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